par Henar Conde
L’idée du projet
C’est l’histoire du projet d’un groupe de jeunes artistes de différents pays et horizons partageant un même rêve : la création d’un réseau européen d’artistes issus de la culture urbaine et d’un espace pour les échanges artistiques dans la zone de Bruxelles où les partenaires et la communauté locale peuvent réaliser leurs projets. L’idée de monter un projet est venue quand ce groupe de jeunes artistes a eu pour la première fois l’occasion de monter une exposition dans une association jeunesse à Bruxelles, capitale belge. Ils étaient en charge de l’organisation de l’ouverture, de la vente des tableaux et autres œuvres artistiques, de l’accueil du public… Quelle expérience enrichissante ! Pourquoi ne pas créer un espace où ils pourraient partager leur propre expertise artistique, apprendre les uns des autres, être autonomes, être eux-mêmes ? Pourquoi ne pas réaliser leur rêve commun en montant un projet avec d’autres groupes de personnes en Europe ?
Le groupe était composé de jeunes de différents pays ; ils ont donc créé un réseau d’artistes locaux dans chaque pays. Tous ensemble ont décidé de monter une galerie d’art à Bruxelles où les jeunes artistes de divers pays peuvent expérimenter la création de leur propre œuvre et la montrer au public.
Les initiateurs
Ceux qui ont porté le projet venaient de 6 pays différents, résidaient tous en Belgique et étaient âgés de 22 à 25 ans. Tous étaient passionnés de culture et d’art urbains qui souvent manquent de reconnaissance et ne sont pas toujours compris par le public et les institutions ; ils ont donc décidé de monter un projet pour promouvoir l’art urbain et le faire apprécier dans les environs.
Deux des initiateurs étaient étudiants à Bruxelles à ce moment, les autres étaient sans emploi, si bien qu’ils ont proposé eux-mêmes de coordonner le projet. Au nom du réseau de jeunes artistes de différents pays, ces 4 jeunes de Bruxelles ont posé un dossier de candidature pour un projet de réseau (Initiative de Jeunes transnationale), avec des partenaires en France, en Espagne, en République Tchèque et en Belgique. Ils ont obtenu les fonds !
Pourquoi voulaient-ils mener ce projet ? Ils l’ont fait d’une part pour eux-mêmes, pour développer leurs compétences artistiques et personnelles ; d’autre part, ils l’ont fait pour le réseau, pour échanger des pratiques et leur expertise et gagner la reconnaissance de leur travail. Par ailleurs, dans la mesure où il n’y a pas de galerie d’art dédiée à l’art urbain à Bruxelles, ils tenaient à mener ce projet pour la communauté locale – voisins, associations locales, écoles, services publics – pour que cette culture gagne en visibilité et soit mieux connue dans les environs. Dans une perspective à long terme, leur ambition finale consistait à devenir une entreprise culturelle autonome, afin de rentrer sur le marché du travail.
L’emploi du temps et la méthodologie
L’idée du projet est venue aux jeunes un an avant qu’ils n’obtiennent la subvention pour le réaliser. Le projet en lui-même a duré un an, mais ils ont prévu de le poursuivre ultérieurement.
Le partage des tâches a été fait en fonction des compétences et de la motivation de chaque membre du groupe : remplir le dossier, créer le site Internet, régler les questions administratives, la communication, les aspects graphiques, rechercher de futurs partenaires et un endroit où installer la galerie et organiser les expositions. Chaque partenaire devait préparer un dossier ou un book sur leur association ou leur travail artistique. Chaque membre du groupe devait trouver le rôle qui lui convenait le mieux et tous devaient avoir une vue d’ensemble des tâches afin de mieux coopérer dans le projet.
La première chose que le groupe de coordination a faite a consisté à trouver l’endroit où organiser les activités. L’étape suivante a été liée à la communication : création d’une adresse e-mail, mise en place d’activités liées au site, création du nom et du logo pour assurer la reconnaissance et la visibilité du projet. Le programme des activités a ensuite été mis en place : ouverture de la galerie, création des affiches, des invitations, contact dans le voisinage, promotion des futures activités, etc.
Les résultats du projet
Le projet a atteint ses buts : l’ouverture de la première exposition a drainé une foule de visiteurs, de même que les expositions suivantes ! Les partenaires locaux et les nouveaux artistes des alentours ont répondu présent. De nombreux nouveaux contacts ont été initiés ; à la fin de chaque exposition, ils avaient prévu de publier de petits magazines ainsi qu’un book final présentant tous les artistes impliqués dans le projet, ce pour en faire un suivi. Plusieurs personnes ont manifesté leur intérêt en achetant des œuvres et une nouvelle atmosphère artistique internationale s’est répandue dans les environs.
Le projet a apporté des bénéfices directs au groupe central qui coordonnait le projet en Belgique, aux artistes partenaires comme à un grand nombre de personnes, artistes ou non, qui ont présenté leur travail dans la galerie. Le nombre réel de bénéficiaires est très difficile à évaluer car l’impact a concerné non seulement la communauté locale à Bruxelles, mais aussi les pays partenaires.
L’approche de coaching
Malheureusement le groupe n’a pas eu un coach régulier pour le soutenir dans la mise en place du projet, si bien qu’il n’a pas eu d’aide lorsque différents problèmes ont surgi. Comment réaliser un projet ? Comment mettre en pratique ce qui est couché sur le papier ? Remplir le dossier et travailler sur le budget sont des tâches faciles que l’on apprend à faire en étudiant. Mais comment mettre sur pied un projet concret dans la vraie vie ? S’il existe des ‘Guides utilisateurs’ sur les questions théoriques, il n’en existe pas sur la façon de gérer les aspects pratiques et c’est ce qui a fait défaut au groupe.
Par ailleurs, l’aspect international de ce projet a généré des problèmes supplémentaires dans le développement du réseau, par exemple pour communiquer entre groupes partenaires, répondre aux différentes attentes et intérêts de ces derniers, gérer le partage des tâches et le budget, l’implication des partenaires et plus encore. Sur ces sujets, une personne de soutien lui aurait été très utile.
Il est fort probable que s’ils avaient eu un coach pendant la préparation et la mise en place du projet, cela aurait aidé les jeunes à faire face à certains malentendus au sein du groupe de coordination et avec les partenaires. Cela les aurait aussi sûrement aidés en leur procurant des compétences techniques que le groupe n’avait pas, par exemple pour tenir la comptabilité. Leur motivation en aurait peut-être aussi été nourrie au cours de phases difficiles où les choses ne semblaient pas avancer comme prévu. Combien même ils n’ont pas eu le soutien d’un coach, ils sont parvenus à faire face aux problèmes rencontrés et ont en fin de compte beaucoup appris.
Un coach aurait pu éviter la frustration ressentie par le groupe, mais ils ont pris confiance en eux, ont gagné de nouvelles compétences artistiques, ainsi que des compétences en gestion de projet, en communication, en logistique, en administration, conception, publicité et autre. Ce fut également une belle expérience interculturelle en apprenant à travailler dans une équipe internationale, en partageant les pratiques et les idées. Le coaching dans ce cas n’aurait probablement pas eu d’impact sur les résultats du projet puisqu’il a remporté un beau succès, mais il aurait été très utile au processus en lui-même, ce que les jeunes bénéficiaires reconnaissent volontiers !


envoyer par mail

