par Nerijus Kriauciunas
L’idée du projet
L’idée au centre de l’Initiative de Jeunes ‘Jaune-Vert-Rouge’ consistait à créer un livre de recettes vidéo. Les jeunes voulaient rassembler des recettes de plats traditionnels des différentes cultures présentes en Lituanie et mettre le tout sous format vidéo.
La motivation des jeunes dans ce projet résidait dans la possibilité de voyager dans le pays, de rencontrer des gens d’autres cultures, de jouer avec la vidéo, d’essayer de goûter à de nouveaux plats intéressants et de s’amuser pendant leurs vacances d’été. Ils étaient en fait motivés par une formule classique : expérience nouvelle, défi et amusement. Le projet leur a cependant aussi donné l’occasion de montrer aux autres jeunes qu’il est possible de faire quelque chose d’intéressant tout en découvrant la diversité culturelle autour d’eux. De plus, la possibilité de faire l’expérience d’une éducation non formelle était également importante, même s’ils n’en étaient pas pleinement conscients.
Tous les participants habitaient Vilnius, capitale de la Lituanie, dont la diversité culturelle est souvent reconnue, mais n’attire pas forcément l’attention ou n’est pas toujours mise en valeur au quotidien.
Les initiateurs
L’emploi du temps et la méthodologie
La recherche d’une idée commune a été le point de départ du projet. Pendant cette phase, en tant que coach, j’ai utilisé des techniques de réflexion créative pour les aider à trouver des idées assez originales et innovantes. Une fois l’idée commune trouvée, il a été important de mettre dans l’ordre toutes les actions principales et les tâches à entreprendre dans le projet. Cela les à aider à planifier des étapes concrètes dans le projet, en utilisant des techniques participatives.
Après avoir trouvé l’idée et avoir programmé des étapes concrètes, les jeunes ont commencé à remplir un dossier de candidature. Ils ont fait des réunions au cours desquelles ils ont discuté les sections du dossier, ont partagé les responsabilités puis l’ont rempli. J’ai relu le dossier et ai fait part de mes commentaires par e-mail.
Une fois la subvention obtenue, les jeunes ont fait des réunions pour planifier les activités du projet, partager les tâches et les responsabilités. Il était important de programmer tout d’abord les visites dans les différentes régions où vivent les gens d’autres cultures, de s’accorder avec eux sur les réunions et d’identifier les ressources nécessaires et disponibles. Tout a été programmé et décidé par les jeunes suite à des consultations avec moi par téléphone. Pendant ces consultations j’ai essayé de mettre les options au clair, mais la décision finale a été prise par les jeunes eux-mêmes.
Au cours du premier week-end de visite, nous avons essayé de combiner la mise en place d’activités pour consolider le groupe et le tournage du film. Pour ce qui est de la consolidation du groupe, j’ai eu recours à diverses méthodes fondées sur les principes de l’apprentissage expérimental. Les activités ont révélé des désaccords au sein du groupe et des points faibles dans le travail en commun. Certaines personnes ne connaissaient pas grand-chose du projet auquel elles avaient été invitées juste avant la visite, ce qui était négatif. Au cours de cette visite j’ai également participé au tournage du premier film. Quoique je n’aie pas participé aux autres tournages, j’ai été positivement surpris lors de la présentation du film de voir le nombre de personnes de cultures différentes qu’ils avaient réussi à mettre dans la vidéo.
Je leur ai rendu visite au cours de certains des week-ends suivants, pendant lesquels j’ai utilisé l’apprentissage expérimental comme moyen de répondre à des besoins concrets dans le groupe. Dans l’une des premières phases du projet, nous avons fait un voyage de nuit afin d’apprendre à mieux se connaître. À l’étape de mi-parcours du projet nous avons fait un tour en bateau pour discuter de la question de l’égalité des sexes qui ressortait comme un enjeu important dans le groupe. Dans les deux cas, j’ai fait des suggestions après avoir identifié les besoins du groupe, puis les jeunes ont décidé de relever le défi ou pas.
L’argent constituait l’un des obstacles principaux à la participation des membres du groupe. La subvention du projet ayant été retardée, les jeunes ont dû payer leur participation aux visites de leur poche et dans quelques cas, des sommes supplémentaires pour couvrir les coûts pour d’autres personnes impliquées dans le projet. Ils ont ainsi appris de cela qu’il fallait passer plus de temps à travailler sur le cofinancement.
L’étape la plus difficile a eu lieu en automne quand ils ont dû finir la préparation du livre vidéo et mettre en place sa présentation. Les principaux problèmes tenaient au début de l’année scolaire, à la participation à d’autres activités scolaires et au manque de motivation. Mon rôle à ce stade a plutôt consisté à poser des questions pour essayer de clarifier leur intérêt et leur souhait de poursuivre le projet.
Dans la phase finale du projet, les jeunes ont participé à deux week-ends de séminaires. L’un était dédié à l’apprentissage interculturel, l’autre à la génération d’idées et à la planification. Au cours du week-end sur l’apprentissage interculturel, j’ai préparé des ateliers et ai travaillé avec eux plutôt comme formateur. Au cours du deuxième week-end, je les ai aidés à trouver deux formateurs qui ont travaillé avec eux.
Nous avons eu deux réunions dans la phase d’évaluation du projet. Les jeunes ont utilisé des outils d’évaluation pour réfléchir à l’expérience d’Initiative de Jeunes et en évaluer les résultats. Au cours des réunions d’évaluation, ils ont préparé la présentation finale du projet. J’ai participé en tant qu’invité.
Il faut mentionner que la dernière étape du projet ayant dépassé les délais, il a été nécessaire d’étendre la date d’échéance du projet. La version finale du film a été montée par des professionnels en coopération avec les jeunes, ce qui leur a donné l’occasion d’apprendre de nouvelles compétences. Je n’ai pas utilisé le film vidéo comme ressource d’évaluation, mais cela aurait pu être un très bon outil dans ce sens.
Au cours de l’étape du rapport, j’ai conseillé le meneur du projet sur la façon de préparer les sections sur le financement et les activités. Comme nous soumettions le rapport à l’agence nationale ensemble, il était important de se mettre d’accord sur les changements dans le projet.
Les résultats du projet
Dans une large mesure, le projet a abouti comme prévu et a apporté un bénéfice aux initiateurs du projet eux-mêmes. C’est ce qui s’est passé dans les faits. Le produit de cette Initiative de Jeunes, un livre de recettes vidéo, n’est peut-être pas de la meilleure qualité, mais le processus a été précieux pour le développement personnel des jeunes. Au travers de ce projet, ils ont renforcé leur motivation à garder un intérêt pour les autres cultures et à participer à des activités similaires par la suite.
Un an après avoir fini ce projet d’Initiative de Jeunes, plusieurs des jeunes ont participé à un projet jeunesse d’échange multilatéral sur le thème principal de la culture. La communauté locale a été impliquée dans certaines activités de ce projet international et dans sa présentation finale.
Cette Initiative de Jeunes a été bénéfique non seulement pour les jeunes directement impliqués dans le projet, mais pour les autres personnes également. Une nouvelle Initiative de Jeunes est née au cours d’une visite dans une petite ville et sa mise en place prévue un an après la fin du projet. À cette nouvelle Initiative de Jeunes, certains des membres du projet du livre de recettes vidéo ont également participé. Sur cette deuxième Initiative de Jeunes, ils se sont montrés actifs pour conseiller, inspirer et faire des propositions créatives à leurs pairs.
L’approche de coaching
Des méthodes et techniques que j’ai utilisées pour coacher cette Initiative de Jeunes, les meilleures se sont avérées être les techniques de réflexion et les activités d’apprentissage expérimental. Les activités de consolidation du groupe et les outils d’évaluation ont également été assez utiles.
Le coaching que j’ai apporté a été très important aux premières étapes du projet quand les jeunes cherchaient une idée et préparaient le dossier de candidature. À l’étape finale, il a compté pour motiver les jeunes à finir le projet et pour les encourager à faire un rapport réussi afin qu’ils respectent leurs obligations.
Je pense que sans mon coaching l’Initiative de Jeunes aurait été très différente, mais il est très difficile de dire ce qu’il en serait et si tel serait le cas…


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