La participation des jeunes dans la vie publique constitue non seulement le cœur de cet ouvrage, mais aussi l’un des principaux enjeux dans le domaine européen de la jeunesse en général. Ces dernières années ont révélé un formidable élan d’attention aux enjeux de la participation des jeunes et de la citoyenneté active. L’Union européenne comme le Conseil de l’Europe sont les deux acteurs ayant sans doute la plus grande influence en matière de politique de jeunesse sur le plan européen.
D’une part, l’attention portée à la participation des jeunes est une évidence en termes de volonté politique, comme l’indiquent diverses déclarations sur l’importance de cette participation. ‘La participation active des jeunes aux décisions et actions aux niveaux locaux et régionaux est essentielle si nous voulons bâtir des sociétés plus démocratiques, plus solidaires et plus prospères’, indique la Charte européenne sur la Participation des Jeunes dans la vie locale et régionale du Conseil de l’Europe (version révisée depuis 2003). L’intention cependant ne concerne pas que le niveau de base et présente un intérêt politique plus élevé. Les 14 et 15 décembre 2001, les dirigeants de l’Union européenne ont adopté la Déclaration de Laeken qui stipule que l’Union doit relever trois défis de base. L’un d’eux demande ‘… comment rapprocher la conception de l’Europe et les institutions européennes des citoyens et en premier lieu des jeunes ?’, enjeu ambitieux, mais d’une réelle importance.
De plus, il est primordial que le livre blanc de la Commission européenne ‘Un nouvel élan pour la jeunesse européenne’ ait identifié la participation des jeunes comme l’une des actions prioritaires dans le domaine de la jeunesse en Europe. Les raisons en sont les tendances significatives sur les plans démographique et socioculturel qui touchent les jeunes en Europe. On note en particulier et entre autres, l’allongement de la période correspondant à la ‘jeunesse’, le besoin d’attirer les jeunes vers le travail communautaire alors que l’individualisme s’impose de plus en plus comme tendance dans les développements sociétaux et l’intérêt des jeunes pour des mécanismes fondés sur un projet plutôt qu’une participation organisationnelle sont à retenir.
Bien que très souvent dans la réalité un texte politique ne change rien en pratique, dans le domaine de la jeunesse, la garantie de porter plus d’attention aux enjeux soulevés par ce livre blanc a été grandement soulignée. Dans cette politique de jeunesse, il faut tout d’abord mentionner la méthode ouverte de coordination (voir le livre blanc ‘Un nouvel élan pour la jeunesse’) et les questionnaires mis au point par la Commission européenne.
Ceux-ci sont voués à identifier les pratiques des Etats membres dans trois domaines :
- Participation des jeunes dans la vie communautaire locale
- Participation des jeunes dans les systèmes institutionnels de démocratie représentative et
- Éducation à la participation active
Les résultats du questionnaire indiquent que les systèmes de participation sont variés. Les conseils, parlements et associations de jeunes sont les systèmes les plus courants pour représenter les communautés locales (Analyse des réponses des Etats membres aux questionnaires de la Commission sur la participation et l’information des jeunes, 2003).
Le rapport tente également d’identifier les pratiques de coaching des jeunes dans leurs actions de participation et constate que ‘… le rôle des acteurs de terrain, notamment celui des travailleurs sociaux, est souligné ; ils constituent un relais fondamental pour informer les jeunes sur les actions et programmes initiés par les pouvoirs publics, pour les accompagner dans la mise en œuvre de projets et d’initiatives et pour faire connaître et valoriser les résultats. Les formes d’aide à la participation incluent des actions d’information, de guidance et de conseil, mais aussi de formation, y compris à la gestion de projet et d’échanges d’expériences’ (op. cit. p. 8). Ainsi, bien que très général, il donne quand même des directives pour coacher les actions des jeunes.
L’impact des actions politiques décrites ci-avant devient alors pratique via divers programmes et actions soutenus par les autorités nationales et la Commission européenne, par exemple le programme pan- Européen de soutien à la participation active et à l’apprentissage non formel dans le domaine de la jeunesse.


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